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Rénovation de notre maison 1900
4/ Le chantier en pratique...

Le coup d'envoi…

Une fois le projet global ficelé et le budget estimé il était temps de passer à l’action ! Nous avons logiquement commencé par le gros-œuvre. Au sol, nous avons enlevé l’ancien carrelage et creusé 30cm avant de couler une dalle. Au pied des murs extérieurs, nous avons placé un drain pour assécher le sol et nous avons fait des injections dans le bas des murs pour créer une barrière contre l'humidité ascensionnelle. Avant de penser à l’efficacité énergétique, il est nécessaire d’assainir les fondations !

Nous avons ensuite placé le réseau d’électricité ainsi que le réseau d'eau chaude sanitaire (ECS). Suite à la projection d’isolant au sol, nous avons déroulé et fixé les tuyaux de chauffage sol avant de les recouvrir d’une chape liquide. En ce qui concerne l'électricité, et puisque les gaines circulent sous l'isolation du sol, nous avons pris soin de siliconer leurs extrémités (au niveau des blochets et du tableau divisionnaire) afin d'empêcher la convection d'air (et donc des pertes thermiques) par ce canal. L'étanchéité à l'air se trouve également un brin renforcée par cette mesure car quelques gaines alimentent des points électriques situés à l'extérieur du volume chauffé. En ce qui concerne l'alimentation en ECS, il est souhaitable de faire en sorte que la conduite d'amenée (et le réseau en général) soit situé le plus possible du côté "chaud" de l'isolation. Nous n'avons pas apporté une attention particulière à ce point: la conduite ayant été fixée à intervalles réguliers à même la dalle, l'isolation est majoritairement située au-dessus de la conduite. En revanche, nous avons eu la bonne idée de disposer les points de puisage d'ECS le plus près possible du ballon d'eau chaude (environ à 4m à vol d'oiseau tant pour la cuisine que pour la salle de bains), ce qui limite les pertes.

Les nouveaux châssis ont été posés juste après que nous ayons rabboté à la disqueuse les battées de fenêtre de la façade Sud ainsi que le dépassant des appuis de fenêtre. Nous n'avons pas non plus apporté un soin très poussé au raccord entre les chassis et le contour de baie. Idéalement, afin de renforcer l'étanchéité à l'air du bâtiment, on place des membranes avec un raccord sec sur le dormant du chassis (fixation par collage) et un raccord humide sur la maçonnerie (fixation par enduisage). Dans notre cas, nous pensons que l’isolation effectuée par l’extérieur (côté Sud) permet déjà de garantir une bonne étanchéité à l'air. Du côté Nord, l'isolation ayant été effectuée par l'intérieur, nous devrons veiller à "guérir" le raccord fenêtre-baie le jour où l'enduisage montrera des signes d'usure (fissuration). Au niveau des portes, nous n'avons pas non plus opté pour un concept renforcé d'étanchéité à l'air. Seules des plinthes à guillotines ont été prévues. Le placement d'une cornière métallique (livrée avec la porte) fixée au sol et qui s'emboite avec la porte est une solution encore meilleure.

Objectif premier hiver (non-habité...)

A ce stade du chantier, l'enveloppe du bâtiment est pratiquement "fermée".

Du côté de la façade Sud, un système d'enduit en crépis a été appliqué sur des panneaux isolants en polystyrène expansé graphité de 12cm d'épaisseur. Une telle épaisseur était déjà convenable du point de vue de l'isolation, et avait l'avantage de n'engendrer absolument aucune difficulté majeure de mise en oeuvre pour des entrepreneurs "classiques". Du côté Nord (et pour les murs restants), nous avons nous-mêmes collé des panneaux isolants  en silicate de calcaire (de 10cm d'épaisseur) en face intérieure des murs directement sur le torchi qui était encore en bon état. Ce matériau présente un moins bon coefficient d'isolation que le polystyrène, mais il a l'avantage d'être écologique. Par ailleurs, contrairement à la composition de paroi côté Sud, celle du côté Nord a été conçue pour être "respirante". Côté Nord, l'humidité peut migrer librement et ne se trouve jamais bloquée en chemin (plus on s'approche de la face extérieure, plus notre composition de paroi est perméable, par conception). La couche d'isolation reste donc toujours bien sèche et aucune condensation interne ni aucun développement de moisissure n'est à craindre.  Côté Sud, il importe par contre de limiter la migration par diffusion de l'humidité intérieure vers l'extérieur (pour éviter l'accumulation de celle-ci dans l'isolation et sous le crépis). Ceci est favorisé par l'enduisage au plâtre qui crée un frein à la diffusion de vapeur, par la présence prédominante de parois plus respirantes qui évacuent déjà la majorité de l'humidité qui serait exédentaire dans l'air, et bien sûr par le système de ventilation!

Au niveau de l'isolation de "toiture", nous avons opté pour l'isolation du plancher des combles (entre le gîtage) vu que le plafond de l'étage devait être refait et que l'amménagement du grenier n'était pas nécessaire dans la première phase des travaux. Nous avons choisi de la laine minérale avec liant écologique en rouleau de 16cm d'épaisseur, ce qui remplissait parfaitement l'espace intersticiel de 15cm (hauteur des gîtes). Par-dessous, nous avons étiré un pare-vapeur total (Sd de 100m) pour empêcher toute migration de vapeur qui aurait été problématique comme expliqué plus haut (condensation et ses conséquences).

Suite à ces travaux d'isolation (qui, primes déduites, n'ont représenté que 10% du coût total de la rénovation!) nous avons ressenti une amélioration inestimable du niveau de confort malgré un système de chauffage encore très rudimentaire (1 chaufferette pour toute la maison).

Une fois au "chaud", nous nous sommes attelés à l'installation du système de ventilation et de l’évacuation des eaux usées. Nous avons beaucoup réfléchi à leur implantation avant de démarrer les travaux afin de minimiser l’encombrement et maximiser l’efficacité : des conduites les plus courtes et le moins possible dans le chemin. Notons qu'il nous a fallu isoler l'ensemble des conduites de ventilation dont le point de chute était le grenier, là où le groupe de ventilation et l'échangeur de chaleur était situé, étant donné que le grenier ne faisait pas partie du volume chauffé. C'est clairement LE point faible de la maison, qui sera résolu dès que la toiture sera réfectionnée (et isolée).

Une fois tout cela terminé, nous nous sommes attaqué à l’espace chaufferie, relativement restreint : il fallait faire entrer la chaudière à pellets et en même temps réserver un espace suffisant pour le stockage des pellets. On peut dire que l'espace (un carré d'environ 2,6m de côté) a été exploité au maximum! En parrallèle, le chauffage sol a été installé, de même que la chape liquide. Nous avons veillé à minimiser l'inertie de ce chauffage sol en réduisant l'épaisseur de la chape au strict minimum: 7cm. Pour ce faire, nous avions fait écrêter l'isolation du sol pour obtenir une surface bien plane, et nous nous sommes battus avec les serpentins du chauffage sol pour qu'il restent bien contre l'isolation, ce qui ne fut pas une mince affaire!

La deuxième année…

Une fois achevée la pose de tous les systèmes, ça a été le tour des finitions: revêtement de sol au rez-de-chaussée (carrelage) et rénovation de celui de l’étage (plancher), aménagement de la cuisine, de la salle de bain, mise en peinture, et enfin ameublement, suspension des tentures et... décoration.

En réalité, les finitions ont nécessité plus de temps, notamment suite à un problème au niveau de la pose des carrelages: bien qu'il s'était écoulé plusieurs mois entre la pose de la chape et celle des carrelages, peu de temps s'était écoulé depuis l'enduisage des murs intérieurs. Nous n'avions pas conscience (et notre carreleur non plus) que la chape était à ce point sujette à se recharger en humidité. Au moment où nous avons mis le chauffage sol en route, cette humidité s'est alors retrouvé emprisonnée juste sous les carreaux, c'est à dire au droit de la couche de colle... et les carreaux se sont décellés les uns après les autres. Je ne vous raconte pas la suite, mais je vous conseille vivement de contraindre votre carreleur à effectuer une mesure d'humidité de la chape avant de lui laisser démarrer son travail.

Et si c’était à refaire…

Dans une maison passive, la demande en chaleur est tellement faible qu’on peut théoriquement se passer d’un système de chauffage. Allouer le budget du système de chauffage à une isolation accrue aurait-il été plus intelligent? Aujourd’hui, la réponse est encore incertaine à nos yeux car il est plus difficile d’atteindre le standard passif en rénovation qu’en construction neuve mais également plus difficile d'atteindre de très faibles niveaux de consommation dans une habitation 4 façades (totalement exposée) que dans une habitation mitoyenne. Quoiqu'il en soit, une isolation encore plus renforcée n'aurait pas été un investissement perdu selon nous, tant du point de vue consommation d'énergie que du point de vue confort.

Il aurait également été intéressant d'élargir les baies vitrées du côté Sud (ou de poser du double vitrage spécifiquement sur cette façade, au lieu de triple vitrage), afin de mieux faire entrer la chaleur du soleil. En effet, nous n'avons aucun problème de surchauffe par temps caniculaire malgré l'absence de protections solaires, grâce à l'inertie des murs. On a beau être sensibilisé à l'architecture bio-climatique, anticiper le comportement futur du bâtiment reste un exercice difficile... On peut aussi positiver en disant que le bâtiment sera apte à garantir un bon confort compte tenu du dérèglement climatique qui montre des signes inquiétants d'accélération.

Pour terminer, disons aussi que le confort est une notion relative. Avec les années, nous nous sommes habitués à des températures de consignes parfois inférieures à 19°C pour les pièces de vie, et jusqu'à 16°C dans les chambres (avec un petit coup de chauffe ponctuel avant de se mettre au lit), et cela ne nous empêche pas de dormir!

A votre tour de jouer!

Date de publication :
15-12-2014 (update: 11-12-2016)
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